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22 septembre, 2014

Y a pas un enfant qui va mourir pour ça…

Par Pierre Chénier, responsable des communications du RÉPAQ

Le ministre Bolduc a raison : ce n’est pas pour quelques livres de plus ou de moins dans une bibliothèque scolaire qu’un enfant va mourir… d’inanition intellectuelle. Il y a bien d’autres moyens, comme la publicité destinée aux enfants par exemple.
Et il y a aussi le bulletin chiffré.

Vous me direz que j’exagère et que vous n’avez jamais vu un enfant mourir d’un 52,3 % dans son bulletin. Même si la honte le submerge, même s’il est la risée de sa classe, même s’il va rejoindre la frange des faibles et des mésadaptés, même s’il ne veut plus aller à l’école et, enfin, même s’il sourit malgré tout. Il a peut-être tout simplement compris qu’il ne peut rien contre la machine et que la chaîne de montage l’a rejeté comme les godasses avec défauts qu’on vend dans les outlets de Saint-Sauveur ou de la Nouvelle-Angleterre.

Parce que, malgré nos progrès en éducation au Québec, nous en sommes encore à l’ère industrielle. L’industrie de l’instruction publique (et privée!) est florissante avec ses programmes murs à murs, sa chaîne de montage à douze niveaux, ses objectifs de production, ses mesures de contrôle des acquisitions des élèves tout autant que des gestes de leurs enseignants et de leurs directions. L’industrie se nourrit de données qu’elle exige de ses employés : elle veut savoir, tout autant que l’enfant, mais elle, elle a les moyens de ses ambitions, l’argent des contribuables, le pouvoir politique et une armée de fonctionnaires qui lui doivent fidélité.

Non un enfant québécois ne meurt pas pour ça. Il ne sert pas de chair à canon ou de bouclier humain comme celui qui vit en zone de guerre. On ne se sert pas de lui pour asseoir son pouvoir. Non. On ne le fait pas marcher au pas comme un petit soldat : il est libre de ses mouvements. Oh! On craint beaucoup pour sa sécurité, pour sa santé et on l’entoure d’une protection rapprochée tout en le stimulant par des cours de ci ou de ça : il a un élastique dans le dos pour le retenir et un autre dans le ventre pour le pousser plus loin. Ne vous demandez pas pourquoi il reste assis devant son ordinateur : il est neutralisé!

Non, nos enfants québécois ne meurent pas, ils sont résistants… ou chanceux s’ils rencontrent un jour, dans leur vie d’apprentissage, un humain qui respectera leur rythme plus lent ou plus rapide que la moyenne. De quoi leur faire oublier la chaîne de montage et leur donner l’espoir qu’un jour, pour leurs propres enfants, l’école sera un véritable lieu d’éducation.



Commentaires

  1. 23 septembre, 2014 - Commentaire de Sylvie Painchaud

    Très bonne réflexion Pierre! L’éducation ne sert qu’à préparer de bons petits soldats sans outils pour réfléchir!

  2. 24 septembre, 2014 - Commentaire de Sarah Desjardins

    Wow! C’est mordant! Beau texte.

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