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31 octobre, 2014

Voter aux élections scolaires, pour quoi?

Par Pierre Chénier, responsable des communications au RÉPAQ

 

Au rythme où vont les choses, les élections scolaires vont se passer dans la plus parfaite indifférence. Ce qui donnera des munitions à notre ministre de l’Éducation pour faire, comme ses prédécesseurs-res, un autre ménage dans les structures. Nous n’avons absolument pas besoin de cela!

Précisons d’abord ce que sont les structures actuelles. En matière de régime pédagogique, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) est principalement responsable des politiques concernant l’éducation préscolaire et l’enseignement primaire et secondaire ainsi que de l’administration des règlements qui conditionnent ces derniers au Québec.
Les commissions scolaires, elles, constituent des gouvernements locaux autonomes institués sur chaque territoire. Elles organisent et offrent dans les établissements d’éducation, d’enseignement et de formation, des services qui répondent aux besoins de la population de son territoire. Ainsi, en plus de gérer les services éducatifs, les services à la communauté, les ressources humaines, matérielles et financières, elles sont responsables de s’assurer de la mise en œuvre des programmes d’études établis par le ministère de l’Éducation et de l’application des régimes pédagogiques et des règlements régissant les établissements d’enseignement.
Pour que la population s’intéresse à l’éducation (avec un petit « é » cette fois-ci), la solution est simple :

IL FAUT QUE L’ÉDUCATION LUI APPARTIENNE!

Et qu’on la retire des mains des fonctionnaires autant provinciaux que locaux. Dans cette hypothèse, réalisable puisque certains pays l’appliquent depuis plusieurs années, les commissions scolaires et le ministère de l’Éducation se contenteraient d’offrir des ressources humaines, financières et techniques pour que les communautés locales se prennent en charge… comme l’ont fait depuis 40 ans les écoles alternatives! Finies les politiques mur-à-mur, finis les programmes imposés uniformément à toutes les communautés. Celles-ci sont formées d’adultes responsables qui savent où est le bien de leurs enfants. Ils n’ont pas besoin d’un ministre pour le leur dire et d’un fonctionnaire pour les règlementer dans les moindres détails.

Imaginez un gouvernement national ou local qui aurait l’audace de redéployer les cerveaux de ses officines vers les écoles pour faciliter leur gestion, leur développement, leur pédagogie. Il y a tellement de bonnes idées qui circulent en éducation, mais qui ne trouvent pas preneurs, faute de personnel, de temps et d’énergie : le quotidien use les praticiens quand ils sont seuls à l’assumer.

Les profs et les parents ont tellement de choses à se dire, de projets à réaliser ensemble, mais aussi de murs de préjugés à faire tomber : il faudra quelques années de transition pour qu’une nouvelle culture de participation et de coéducation voie le jour dans nos écoles, mais la nouvelle génération de parents est prête à cela. La quinzaine de projets d’écoles alternatives qui pointent actuellement au Québec nous le prouvent aisément.

C’est pour une vision semblable que j’irai voter le 2 novembre. Une vision que partagent actuellement des candidats dynamiques qui pensent l’éducation pour les enfants de 2014, une éducation qui respecte leur rythme et leur style d’apprentissage parce que les éducateurs parents et enseignants ont foi en leurs enfants : ils croient que les enfants se connaissent mieux que personne, qu’ils peuvent s’éduquer et s’instruire selon les mêmes normes et au même rythme que les adultes, qu’ils ont une réelle habileté, aidés par des adultes, pour bâtir leur programme, faire des choix, assumer leurs responsabilités, gérer eux-mêmes leur temps, organiser leur travail, s’autoévaluer.

La communauté des écoles alternatives québécoises compte près de 20 000 citoyens aptes à voter le 2 novembre : une goutte d’eau dans l’océan, mais une goutte d’eau qui peut faire la différence dans l’indifférence générale. La démocratie que nous pratiquons dans nos écoles doit en sortir et se faire voir dans un geste citoyen à nul autre pareil.

Et vous, pour quoi voulez-vous voter?

 

Pour compléter la réflexion: la lettre ouverte cosignée par 85 parents du Réseau des parents du RÉPAQ « Voter pour le bien commun, pour l’Éducation »

Élections scolaires – lettre ouverte des parents du RÉPAQ

 



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